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Au sommet de la Vieille Dame

Le sommet de la Soufrière, volcan actif, culmine à une altitude de 1467 m. C’est le plus haut sommet de la Guadeloupe et de toutes les Petites Antilles.

by Priscilla ([email protected]) in Blog on 01 June 2017

C’est une des aventures les plus accessibles de la Guadeloupe. Mais gare ! Car elle ne vous laissera pas indifférent. Prévoir une randonnée à la Soufrière, c’est aller à la rencontre de la vieille dame de la Guadeloupe. Du haut de ses 1467 mètres d’altitude, elle est très discrète dans le paysage des monts et volcans endormis de la Basse-Terre, mais elle en est le maître d’orchestre

Pour entamer cette rencontre, il vaut mieux se réveiller tôt et s’équiper de chaussures de randonnée. L’effort en vaut la peine. L’aventure commence par les bassins des bains jaunes. L’eau claire et tiède est une tentation à laquelle il faut pourtant résister, car ces bains sont une récompense et une détente méritée. L’ascension commence doucement au cœur d’une forêt remuante et luxuriante. L’eau, est présente partout. Si on ne la voit, on l’entend, ou on la sent.

Dans cette première partie, la montée est douce, mais continue. Elle s’achève après une demi-heure par l’arrivée à l’ancienne route, celle qui permettait, avant, d’arriver directement aux pieds du volcan. La terre, remuante, en cette région a eu raison de son fonctionnement. Mais elle mène à la savane aux mulets, zone plane, plongée dans une écharpe de nuages quand la vieille dame a décidé de s’en parer. Déjà à cet endroit, la vue du sud Basse-terre qui s’étend pour plonger dans la Mer des Caraïbes est saisissante. Mais ce n’est rien face au spectacle de la dame qui se dresse et vous défie de vous lancer à son assaut.

Se laisser impressionner est une erreur. Car elle vous défiera tout au long de la montée. Que les plus frileux n’aient pas peur de laisser une prière au cœur de la Vierge qui démarre l’ascension ! Il leur faudra sa force pour entamer une ascension plus marquée. Le chemin est clair et bien indiqué. Ponctuellement, les randonneurs en pleine descente, saluent ceux qui montent encore. Le jeu, indiquer aux grimpeurs la durée de l’effort qu’il leur reste, avec plus ou moins d’exactitude et de malice d’ailleurs. Seuls les coureurs de trail, toujours pressés de gagner leur compétition contre la Dame, se contentent d’un geste et d’un « ‘jour ! » empressé.

Il faudra bien une heure et demie, trois mille émerveillements, quatre passages en couloirs, et trois fortes ascensions pour arriver au sommet. Quelle que soit la météo, il s’arrange pour tenir ses promesses. Il vous marquera, mais selon l’humeur de sa volcanique maîtresse. Si elle décide de s’enrubanner de nuages, alors vous marcherez entre ciel et terre, dans un paysage quasi lunaire balayé par le vent. Mais si le temps est clair, alors vous aurez alors une vue imprenable sur le Papillon de la Caraïbe, sur ses îles et parfois même sur les proches îles de l’arc. C’est une rencontre poignante avec ce que la nature fait de plus puissant, la chaleur de ce cratère, la vie qui bout dans les entrailles de la terre, le soufre qui prend le nez.

Après cette rencontre au sommet, la descente vers Les Bains Jaunes est calme et plutôt rapide. Le mieux, c’est encore de finir la randonnée par une petite tête dans les bassins. Idéal pour rafraîchir les idées et délasser les muscles.

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