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Se laisser glisser dans un cul de sac

Gran Cul De Sac Marin Activities in Guadeloupe

by Priscilla ([email protected]) in Blog on 05 June 2017

La forme unique de l’île de Guadeloupe a permis la création de deux réserves marines aux ressources incroyables. Au sud, le Petit Cul de Sac Marin, aux eaux profondes, idéales pour les activités de plaisance, et au nord, le Grand Cul de Sac Marin, un monde à part, suspendu entre la barrière de corail et la mangrove.

Le meilleur moyen de vivre cette expérience est la location d’un kayak. Il est idéal pour se mouvoir entre les multiples hauts fonds de la zone. Dans un univers particulièrement silencieux, que seul trouble le doux chuintement du kayak qui fend les eaux, vous êtes le bienheureux témoins de la vie quotidienne des habitants naturels du lagon. En l’air, les malfinis, oiseaux majestueux condamnés à planer, sont en quête de quelque poisson à dérober. Les pélicans, eux flottent tranquillement leur butin bien à l’abri dans leur bec. Les pics bœufs, rassasiés des tics et puces, filent vérifier l’état de leur nid. Dans l’eau, les tortues se cachent dans les hautes herbes. Les plus courageuses, montrent le bout de leur nez mais repartent rapidement vers leurs réservoirs de nourriture.

La faible profondeur des eaux et leur salinité régulée admirablement par les palétuviers a permis à toute une faune d’évoluer loin des turpitudes de la haute mer. De plus, la multitude d’îlets offre autant de refuges pour une nouvelle génération ou pour fuir les redoutables barracudas qui ont réussi à se frayer un chemin au paradis.

A bord du kayak, rien de plus incroyable que de se laisser aller à la visite de tous ces îlets, en commençant par Labiche, repère de plaisanciers, qui viennent casser la croûte sous son carbet durement éprouvé par les fortes marées et les mauvais temps. Les pieds dans l’eau, car l’îlet est en partie immergé, il est bon de casser la graine ou prendre un bon bain plus loin, entouré de petits poissons, dans une eau peu profonde mais très claire.

Après ce petit repos, il faudra pourtant repartir, vers les îlets voisins, tout en jouant avec les hauts fonds et leur colonie d’oursins. Attention aussi au sens de navigation, dans un sens, le courant porte, mais dans l’autre, il faudra se battre un peu plus, mais qu’importe l’idée c’est d’obliquer pour trouver un abri dans la mangrove.

Entrée dans un autre univers. Là, l’eau se fait moins claire, plus vaseuse. Parfois il faudra passer sous un point de racines de palétuviers, oublier les pagaies pour avancer à la force des bras, sous l’œil globuleux et goguenard des crabes. A l’abri du courant, de véritables oasis se sont formées au cœur desquelles règne une paix inégalée. Evoluer dans cette mangrove c’est trouver par ici, un abri de pêcheur, là-bas avoir la surprise d’une petite plage, et plus loin tomber à l’embouchure d’une rivière.

Mais surtout au détour d’une groupe palétuviers, tomber sur le port de Morne Rouge, le point de départ de l’aventure, alors qu’on se pensait loin dans la mangrove. Après une journée de glisse, passée dans un univers hors norme, le retour à l’agitation de la civilisation est presque douloureux.   

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